Faire un bébé / Parlons-en

Un chemin un peu plus long (2ème partie)

Hey ! C’est AnaSey. Vous êtes toujours là ?

Ah, je vois… Vous voulez connaître la suite des aventures de notre belle Mélissa. Normal. On appelle ça la curiosité. Vous voulez savoir si vous êtes les seules à rencontrer des difficultés dans la vie. Attention, spoiler alert : la réponse est non. En revanche, nous allons voir ensemble, si certains maux sont les mêmes pour toutes ou presque. Allez, c’est parti.

Moi c’est Mélissa, j’ai 28 ans, je suis en couple depuis près de 4 ans et je suis très heureuse comme ça. Heureuse ? Oui, je le suis, je vous assure, je « vis ma meilleure vie », j’ai un boulot qui me plaît, des amis présents, une famille aimante, je voyage et je suis même propriétaire de mon bel appartement. Tout va pour le mieux ! Tout va bien ! C’est parfait ! Je ne pourrais pas rêver mieux… OK pause. Quand on se répète des phrases positives comme ça, tel un mantra, c’est que finalement, il y a peut-être un petit, mais un petit truc qui ne va pas… J’ai l’impression que les réflexions et les conseils de mon entourage concernant ma vie de couple et mon avenir ont fait mûrir dans mon esprit une nouvelle envie.

Faire un bébé ?

Pourquoi se prendre la tête ? 

L’idée est lancée et mon chéri est d’accord. Super ! Alors c’est décidé, j’arrête de prendre ma pilule contraceptive. Et au boulot !

Bon, plusieurs mois se sont écoulés, mais il ne s’est absolument rien passé. Nada ! Pas de panique, zen, de toute façon, nous ne sommes pas pressés. Il faut laisser la machine se mettre en route et laisser tourner le moteur, c’est normal…Non ?

Alors, le temps passe et un jour, affalée devant ma télévision, je regarde une série ; vous savez la série sur cette femme qui se retrouve enceinte sans comprendre ce qui lui arrive car elle est vierge ? « Jane the virgin » (non-non, je ne m’égare pas, suivez bien.) Et bien, après l’avoir un peu (beaucoup) insultée, car de toute évidence, elle au moins a réussi à tomber enceinte, une chose m’a alerté. C’est bizarre mais j’ai quelques symptômes similaires à ceux de Jane l’héroïne de la série… Ni une, ni deux, je me précipite dans la salle de bain pour récupérer le test de grossesse que je gardais au cas où. Je fonce aux toilettes, le fais et devinez quoi ?

Positif

Le test est positif. Incroyable, c’est enfin arrivé ! Si vous saviez tout ce que j’ai ressenti, la peur, le choc et enfin la joie. Après avoir jonglé avec toutes ces émotions , j’accours le lendemain matin au laboratoire pour faire une prise de sang afin de confirmer les résultats. Je suis alors dans tous mes états. Je suis vraiment enceinte ! C’est la fête, sortez le Champagne ! Enfin non, mais quand même !! Alors, par où commencer ? Le dire, ne pas le dire ? Quels examens faire ? Où les faire ? Bref, une chose est sûre, une extraordinaire et longue aventure était sur le point de débuter pour nous.

Avant le rouge était ma couleur préférée. Mais ça, c’était avant !

Vous savez, on peut passer du rire aux larmes à une vitesse folle ! La limite entre la joie, le bonheur et la tristesse est très très fine…Trop fine. Reprenons.

Les médecins me disent que ce n’est rien… Je saigne depuis près d’une journée maintenant, mais les médecins disent que ce n’est rien ! Ils m’ont fait une échographie à l’hôpital et n’ont rien vu d’anormal, l’embryon est toujours là, bien que minuscule. Il faut simplement que je revienne le lendemain pour faire une injection de Rhophylac*, afin d’éviter que mon organisme ne rejette l’embryon. Donc là, si j’ai bien compris, il est possible que mon corps gère cette grossesse comme une attaque terroriste ! Euh…très bien. Nous sommes le lendemain et les saignements et les douleurs sont de plus en plus présents, mais les médecins de l’hôpital continuent de dire que tout va bien et me font l’injection. Ils disent même que les douleurs, ainsi que les saignements vont s’arrêter d’ici 2 ou 3 jours. Me voilà rassurée et effectivement, 2 jours plus tard, il n’y a plus aucune trace de sang. C’est un soulagement, confiante je me prépare à avoir mon échographie de datation qui est prévue une semaine plus tard.

Ça y est, le jour J est arrivé, ce n’est qu’une petite échographie pour connaître plus ou moins la date du début de grossesse et d’accouchement, mais je suis quand même très impatiente,et vous aussi pas vrai ?

Enfin on y est, je m’installe, aujourd’hui c’est une sage-femme qui va s’occuper de moi avec l’aide d’une stagiaire. Honnêtement, elles pourraient être 5 à m’ausculter, à fouiner dans les moindres recoins de mon anatomie, que ça n’entacherai même pas mon bonheur. L’examen commence, puis un long silence se fait sentir, un silence qui devient de plus en plus pesant, je regarde l’écran et ne comprends absolument rien à ce que je vois, ça n’aide pas. J’ai alors un mauvais pressentiment.

La sage-femme, après avoir échangé un léger regard avec sa stagiaire finit par me dire d’une voix plus que triste qu’elle ne voit rien, je n’ai aucunes réactions, elle continue et dit alors qu’il n’y a plus rien, et que malheureusement j’ai dû tout évacuer lors de mes derniers saignements… C’est une fausse-couche. Inutile je pense, de préciser à quel point ma douleur a été forte à ce moment précis. Je tombe de 10 étages.

Fausse-couche

Ce n’est pas un gros mot et j’ose le dire, ou au moins l’écrire. Apparemment, c’est un sujet tabou, et malheureusement très mal abordé. C’est vrai, lorsque l’on veut parler de ça à notre entourage, on peut parfois obtenir quelques petites pépites :

Ah oui, j’ai la meilleure amie de la tante de ma collègue qui en a fait une un jour

De toute façon, à ce stade là, ce n’est pas grave

Arrête de pleurer,tu sais, il y a pire dans la vie

Si c’est arrivé, c’est que tu n’en voulais pas vraiment hein

Gillian Jacobs What GIF - Find & Share on GIPHY

C’est vrai, il n’y a pas de manuel, ni de bonne ou de mauvaise manière de réagir fasse à une personne qui souffre. La douleur est personnelle. Nous ne sommes pas tous programmés de la même manière.

Et après ?

Après avoir perdu un bébé, on peut se sentir très seule, penser que personne ne peut savoir ce que nous ressentons. Se renfermer sur nous-même et entrer dans une dépression. On se met à culpabiliser, à croire que tout ce qui arrive et de notre faute et que nous avons forcément fait quelque chose de mal. Il arrive même que l’on se sente honteuse vis-à-vis de notre compagnon. Penser que nous l’avons trahi d’une manière ou d’une autre.

C’est notre corps, alors on a tendance à prendre toute la responsabilité de cette perte. On peut même commencer à en vouloir à la terre entière. Se demander pourquoi moi ? En vouloir aussi à son conjoint et mettre une certaine distance entre vous. Je vous conseille d’essayer de vous rapprocher pendant cette période, l’homme aussi souffre de cette perte et souvent, il ne le manifeste pas de la même façon que nous.

Il est aussi possible de se demander pourquoi les autres femmes arrivent à avoir des enfants sans difficultés et pas vous. Il faut savoir que c’est totalement faux. La plupart des femmes ne parlent pas de leur parcours, mais beaucoup d’entre elles ont rencontrés des difficultés à devenir mère. N’ayez pas peur d’en parler autour de vous, si ça peut vous aider. Vous pourrez peut-être trouver du soutien. Quoi qu’il en soit, jalouser les personnes qui y arrivent du premier coup, n’est pas une solution. Croyez-moi.

Chacun son parcours et ce n’est pas parce que le chemin est plus long pour vous que vous n’allez pas arriver à la même destination. Vous apprécierez beaucoup plus d’être arrivé, c’est tout !

Suivre le chemin

Concernant Mélissa, nous venons d’avoir les détails de sa première fausse-couche. Malheureusement, son aventure ne fait que commencer. On dit que les investigations médicales commencent à partir de 3 fausses-couches. Elle en a fait 4.

Restez connectés pour connaître la suite de son parcours post- fausses-couches. Je voudrais souhaiter un bon courage à toutes les Mélissa, vous n’êtes pas seules !

Laissez le soleil entrer et chasser votre obscurité.

N’hésitez pas à me laisser un commentaire et à partager si vous pensez que ça peut aider quelqu’un.

À très vite et prenez soin de vous.

Histoire réelle, personnage fictif.

Plus d’informations:
*RHOPHYLAC : http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/extrait.php?specid=68484547

Auteur

AnaSey
anasey.talks@gmail.com

Commentaires

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Jenni
21 mai 2020 à 17 h 44 min

Il faut en parler « oui » mais vraiment il faut être sure de la personne en face car les gens peuvent être tellement blessant.
Moi j’en ai parlé et je n’ai reçu que très peu de soutien. Ce blog est un exemple de ce qu’il faut a toutes ses femmes qui vivent ce type d’expérience c’est parlez en ensemble…. j’ai bouffé blog nuit et jour avant de tomber enceinte une fois enceinte pendant la fausse couche après la fausse couche jusqu’à ne plus dormir tellement je me sentais comprise et soutenu par ses inconnus et que j’avais envie de contibuer a parler parler c’étaitma thérapie. C’est une super initiative ce blog Sey ça va vraiment t’aider à grimper cette montagne qui ressemble à l’Everest en tout cas je suis heureuse de partager mon expérience avec la tienne et la suiteeeee!!!! On est la!



    AnaSey
    AnaSey
    21 mai 2020 à 18 h 40 min

    Oh que oui, il faut bien choisir les personnes à qui on en parle !! Les gens peuvent être tellement, mais tellement blessant ! En tout cas , je suis très contente de te lire et de voir que les petites initiatives des uns (les blogs), font le bonheur et surtout le réconfort des autres. ❤





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Karabah
3 mai 2020 à 3 h 31 min

On veut la suiiiiiite 😘🙏🏽 ⌛️



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Cindy
23 avril 2020 à 13 h 48 min

Alala c’est tellement vrai. Beaucoup de parents ont des difficultés à enfanter mais malheureusement c’est un sujet tabou. Je dis bien parents car pour moi il s’agit du combat de deux personnes. On peut se demander pk ce sujet est si tabou. Est ce lié au sentiment d’échec que l’on ressent ? Ou bien aux réactions « de merde » que ça génère quand on en parle ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr c’est que certains parcours sont plus difficiles que d’autres et qu’il faut dans tous les cas essayer de tenir le coup jusqu’à ce que ce bébé tant attendu arrive enfin 🙏🏾



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Kneel
20 avril 2020 à 3 h 53 min

Magnifiquement bien rédigée on rentre vraiment dans le personnage et on s’y identifie.

Laissez le soleil entrer et chasser votre obscurité.
Laisser Dieu rentrer et chasser Le diable. Kiss 💋



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Margaut
18 avril 2020 à 13 h 40 min

Tellement vrai.
J imagine que c est tellement dur.
Le sentiment d etre fautive et d etre seule face a ça.

Merci pour ton partage



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Mrz
18 avril 2020 à 7 h 59 min

Tout ce que tu dis est complètement vrai! C’est fou comment on peut prendre tout pour nous, la honte, la culpabilité, la heine et se sentir seule ! Hate de lire la suite



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17 avril 2020 à 23 h 58 min

Un plaisir de te lire , j’attends la suite avec IMPATIENCE 😘



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