Faire un bébé / Parlons-en

Maman, comment fait-on les bébés ? (4ème partie)

Oui, comment ?

Cette question, ne m’avait jamais traversé l’esprit avant. Pour moi, c’était clair et simple. Lorsque je serai prête, je deviendrai mère. On sauterait à pieds joints dans le grand bain, que l’expression de notre amour suffirait et que neuf mois plus tard une mini-version de nous pointerai le bout de son joli nez.

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Comme vous le savez déjà, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça pour moi. Le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » n’a pas marché. Mais alors, pas du tout ! Je n’ai peut-être pas lu toutes les petites lignes du contrat ?

Donc tous les livres, toutes les histoires qu’on nous rabâche depuis notre tendre enfance seraient seulement des fictions ? Vraiment ? Sincèrement, ça m’intéresserait de connaître la suite de ces fabuleux contes pour enfants, genre « Cendrillon et son prince: deux ans après que sont-ils devenus ? » Ou encore « Le nouveau combat de Mulan: la PMA ».

Source: parents.fr, artiste: Isaiah Stephens

Bien entendu, je plaisante, je sais bien que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et que les histoires pour enfants, ne sont rien d’autre que des histoires, mais pour autant, concernant le fait de fonder une famille, je n’imaginais pas que cela puisse être une difficulté de la vie que beaucoup de couples traversent. De fait, le choc est beaucoup plus grand lorsque l’on s’aperçoit qu’une chose d’apparence si simple, que des milliards de personnes font à travers le monde n’est finalement pas à la portée de tous.

Malgré tout, je pense pouvoir quand même m’estimer chanceuse de pouvoir être correctement prise en charge par les professionnels de santé (positive attitude).

Souvenez-vous, la dernière fois, je vous racontais l’épreuve que j’ai traversée avec mon chéri, à savoir ma fausse-couche. C’était important pour moi, car c’était la toute première. À présent, je peux vous dire que ce ne fut pas la dernière, 3 autres ont suivi… Je suis clairement passé dans la catégorie experte ! Vous me preniez pour qui ? Quitte à faire les choses, autant les faire bien, non ?

Ah oui, au fait, c’est Mélissa ! Je suis tellement heureuse de vous parler à nouveau, que j’en oublie mes bonnes manières. Je sais que vous ne m’en voudrez pas, alors continuons.

En France, les investigations médicales commencent à partir du moment où vous avez fait 3 fausses-couches consécutives. Avant cela, les médecins considèrent qu’il n’y a pas lieu de chercher une éventuelle cause.

Sincèrement, je me suis sentie un peu frustrée par cette règle, car après la deuxième fausse-couche, je n’avais aucune envie que cela se reproduise, je voulais que l’on me dise très clairement ce qui n’allait pas chez moi. D’autant plus, que la deuxième fois a été très brutale, j’ai été emmenée à l’hôpital par les pompiers et j’ai dû me faire opérer en urgence, car je faisais une hémorragie… Malheureusement, c’est la même règle pour toutes les femmes de mon âge. Par conséquent, c’est bien suite à ma troisième fausse-couche que la batterie d’examens a été déclenchée. Je vous raconte.

Se mettre à nu

Quelques jours plus tard, me voilà à l’hôpital pour mon rendez-vous. Apparemment après mon dernier passage aux urgences gynécologiques, ils m’ont inscrit directement en PMA (Procréation Médicalement Assistée), afin de trouver la ou les causes de mes fausses-couches à répétition. Franchement, je ne sais pas du tout comment va se dérouler ce premier contact.

Nous y sommes, le médecin nous reçoit moi et mon homme, je suis un peu stressée, on s’installe et là commence un véritable interrogatoire. Elle pose des questions sur absolument tous les aspects de notre vie : mes antécédents familiaux, ceux de mon copain, les nôtres, savoir depuis combien de temps nous sommes en couple, depuis quand nous essayons d’avoir un enfant, ce que l’on fait dans la vie, si nous avons déjà des enfants avec un autre partenaire, si nous fumons, buvons de l’alcool, faisons du sport, notre âge, notre taille… Bref, une liste interminable.

Après ce moment questions-réponses, qui a bien duré une vingtaine de minutes, elle nous a alors donné LA LISTE. La liste de tous les examens médicaux que nous allons devoir faire. Enfin, nous… C’est vite dit quand même, dans les faits, ce sont deux, trois examens pour monsieur et une dizaine pour moi. Mais attention, il ne s’agit pas de faire les examens quand l’envie m’en prend, non non, chaque examen et en lien avec le jour de mon cycle, par exemple, je dois faire une prise de sang à J 5 du cycle etc. Le plus drôle, c’est que lorsqu’elle m’explique de quel type d’examen il s’agit, j’ai le droit aux commentaires sur la douleur qui va avec celui-ci. C’est GE-NI-AL !

Elle nous parle aussi du fait, qu’ils nous font faire toutes ces analyses afin d’écarter plusieurs potentiels problèmes de fertilité, mais que dans la majorité des cas, ils ne trouvent rien. Et dans le cas où ils trouveraient quelque chose, les investigations reprendraient de plus bel.

Pas du tout prête

Je vous mentirais, si je disais qu’en sortant de la consultation, j’ai de suite pris mon téléphone pour prendre rendez-vous afin de débuter le protocole. En réalité, j’ai commencé à préparer mes vacances en famille. Au-delà du fait que cette liste m’a fait incroyablement peur, que ça soit à cause du planning strict des examens ou à cause de la douleur que je vais ressentir, je viens de vivre mon troisième échec et je veux passer à autre chose pour le moment, me vider la tête tout simplement.

Pleurer de tristesse quand quelqu’un vous annonce une magnifique nouvelle, c’est horrible ! Je viens de le vivre pendant mes vacances quand j’ai appris qu’un proche allait être parent. C’est dingue le nombre d’émotions qui se bousculent, la joie, la fierté et ensuite la peine et la culpabilité… Je passe de belles vacances, mais je passe également mon temps à camoufler mes émotions, sourire pour éviter de plomber l’ambiance. J’y arrive plutôt bien, enfin, j’espère…

De retour à la maison, je reprends ma vie comme ci ne rien était. Je n’ai vraiment pas envie de penser à ce qui m’attend…

La fin du cycle

Petit à petit, je reprends du poil de la bête, c’est comme ça que ça marche, c’est un cycle. Je me sens extrêmement mal pendant un temps puis, je redeviens positive et j’arrête de broyer du noir. Après l’orage vient toujours le beau temps, même si parfois, il tarde à venir. Je me sens prête à me lancer dans ces examens qui me font tous un peu peur.

Heureusement pour moi, mis à part les nombreuses prises de sang, le premier véritable examen c’est une échographie des ovaires. Donc zéro douleur, bon, aucune douleur c’est vrai, mais j’étais quand même à deux doigts de soulager ma vessie dans le cabinet. Obligé de venir la vessie pleine pour faire un examen ou on vous appuie sur le ventre… Très mauvaise idée ! Ceci dit, si mon aventure pouvait s’arrêter là, je pourrais facilement m’en accommoder. Mais NON. La suite m’a fait regretter la vessie pleine…

Je ne veux faire peur à personne, déjà, je ne suis pas médecin et surtout, chaque expérience est unique et nous n’avons pas toute la même tolérance à la douleur. Je vous raconte mon histoire, mon vécu et bien évidemment mon ressenti. J’explique ceci avec toute la bienveillance du monde.

Bref, maintenant que c’est dit… PUTAIN ! J’ai eu mal !

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Sur le banc des accusés :

L’hystérosalpingographie et la biopsie de l’endomètre.

J’aurais dû m’en douter, déjà quand on vous demande de venir avec une serviette hygiénique, des antidouleurs et de ne pas repartir seule, c’est qu’en général ça ne sent pas bon…

Hystérosalpingographie*: Sur le principe, je crois que ça n’est pas forcément douloureux car il s’agit d’une radio, on est allongé sur une table comme pour faire un scanner et ils nous injectent un produit de contraste pour pouvoir déceler un éventuel problème avec les trompes, comme les trompes bouchées par exemple. Oui, bon, mon exemple n’est pas si innocent, c’était mon cas, et il a fallu m’en déboucher une…Le personnel était top, on m’a tenu la main, mais j’ai vraiment eu mal. Heureusement, ça n’a pas duré plus de 10 minutes. Enfin, je crois.

Biopsie de l’endomètre**: Je ne suis pas une personne spécialement vulgaire dans mes propos, mais ce jour-là, j’aurais voulu insulter la terre entière, et même inventer des insultes qui n’existe pas encore. Ah ça, j’étais inspirée…

Pareil, sur le papier ça ne doit pas être spécialement douloureux, ils font un prélèvement. Mais chez moi, pour une raison que j’ignore, les médecins qui étaient sur place n’y arrivaient pas et ils se sont « acharnés ». Il y a eu au moins 5 tentatives, ce n’était pas drôle à vivre. J’ai à un moment, laissé échapper une petite larme sur ma joue… J’ai donc trouvé cet examen interminable.

Je le répète, c’est mon expérience personnelle et ce n’est pas comme ça pour tout le monde et heureusement.

Cerise sur le gâteau, 1 semaine après ma biopsie de l’endomètre, je ne me sens pas au mieux de ma forme. Des petites douleurs qui persistent et des nausées. Vous vous demandez si ce sont des séquelles de l’examen ? Moi aussi.

En fait, non. D’après le médecin, il s’agit « juste » d’une nouvelle grossesse qui débute. Euh ok. Cool, mais comment ne pas céder à la panique, je viens à peine de faire un examen plus qu’intrusif et surtout, je n’ai pas eu les résultats de toutes les analyses, et si j’avais réellement un problème… ?

Allez, respire, on verra bien.

Le type de douleur

En tant que femme dans cette situation, nous endurons plusieurs types de douleurs, la douleur morale et la douleur physique. Je ne sais pas ce qui est le pire entre les deux, si tant est qu’il y ait à choisir. En revanche, ce que je peux dire, c’est ô combien les femmes peuvent être courageuse et forte ! Ce qui est impressionnant, c’est cette faculté à oublier les moments difficiles. Toujours avancer coûte que coûte.

Un grand bravo à toutes les femmes. Nous sommes de véritables guerrières !

Laissez le soleil entrer et chasser votre obscurité.

N’hésitez pas à me laisser un commentaire et à partager si vous pensez que ça peut aider quelqu’un.

À très vite et prenez soin de vous.

Plus d’informations :

*https://www.passeportsante.net/fr/Maux/examens-medicaux-operations/Fiche.aspx?doc=examen-hysterosalpingographie

**https://www.docteurclic.com/examen/biopsie-de-l-endometre.aspx

Auteur

AnaSey
anasey.talks@gmail.com

Commentaires

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Cindy S
6 janvier 2021 à 14 h 47 min

Tu es tellement courageuse. Ne lâche rien.



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Likemulan
21 novembre 2020 à 12 h 29 min

Que ça soit à l’écoute ou en lisant je kiffe.. vivement ton prochain article ✨



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