Faire un bébé / Parlons-en

Le bon moment (3ème partie)

Hey ! C’est AnaSey. Je suis de retour et ravie de voir que vous êtes là.

Précédemment, nous avons fait la connaissance de Mélissa, une jeune femme qui subit fausse-couche après fausse-couche. Nous avons eu un aperçu de son parcours, de ses joies et de ses peines. Malheureusement, le combat d’une femme et d’un couple pour avoir un enfant ne se joue pas contre un seul adversaire, il arrive que plusieurs murs différents se dressent devant eux.

C’est un fait, Mélissa arrive à tomber enceinte, elle y est même arrivé 4 fois, mais ce n’est pas le cas de toutes les femmes. C’est ce qui me pousse à vous parler de Noémie. C’est une amie d’enfance de Mélissa, et disons qu’elle n’a pas tout à fait les mêmes difficultés que cette dernière. Et oui, vous l’aurez compris nous continuons notre histoire avec un nouveau personnage. Allons-y.

Salut, je m’appelle Noémie, je connais Mélissa depuis que nous avons respectivement 6 et 7 ans. Depuis, nous n’avons cessé d’avoir des points en commun, mais je ne me doutais pas que nous aurions celui-ci également.

J’ai 28 ans, je suis en couple depuis 4 ans et mariée depuis 1 an. Jérôme et moi avons essayé de faire les choses dans l’ordre et il nous semblait logique de commencer à faire des projets pour nos vies dès notre deuxième anniversaire de rencontre. Ce n’est pas que j’aime tout prévoir, mais savoir où je mets les pieds me rassure.

Comme je le disais, cela fait une année que nous sommes mariés et il est temps pour nous de nous lancer dans une nouvelle aventure. Fonder une famille.

Plus de temps à perdre

Allez hop, j’arrête de prendre ma pilule ! De toute façon, je n’ai jamais aimé la prendre, tous ces trucs chimiques me rendent mal à l’aise. Je commence alors à prendre des vitamines, de l’acide folique, car j’ai lu dans un article que c’était bon en début de grossesse. Je fais aussi très attention à ce que je mange et je réduis ma consommation d’alcool, on ne sait jamais !

Je pense qu’un début de grossesse au mois de juin ça serai top, comme ça, je ne subirai pas les fortes chaleurs avec un gros ventre et du poids en plus. Bien sûr, je sais que je n’ai aucun contrôle là-dessus, quoique, en ce moment, je surveille mes cycles grâce à une application de suivi.

D’ailleurs, je viens de m’apercevoir que j’ai du retard… 3 jours pour être précise ! Je le sens bien. Habituellement, je suis réglée comme une horloge. Je fonce directement à la pharmacie pour m’acheter un test de grossesse (ou deux pour être sûre). De retour à la maison, je vais directement dans la salle de bain. Je n’ai jamais été aussi contente de faire pipi sur une tige. Après 5 minutes d’attente interminable, le résultat tombe. Par précaution, je fais également le deuxième test.

Ce n’est pas pour cette fois

Je suis déçue… J’avais l’impression que c’était la bonne. Mais apparemment, je me suis trompée. Bon cela ne fait que 2 mois que nous essayons, ce n’est pas bien grave ça finira par arriver. Je crois que Mélissa à attendu plus longtemps que ça… La pauvre ça me fait de la peine ce qui lui arrive et si moi aussi, je faisais des fausses-couches…? Stop stop, je dois chasser ces idées noires de ma tête.

Nous sommes le 12 aujourd’hui ? Alors cela veux dire que ça fait 7 mois entiers que nous essayons et toujours pas de grossesse en vue… Je ne pensais pas que je mettrais autant de temps à tomber enceinte, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ma mère me conseille de ne plus trop y penser, que ça doit me bloquer psychologiquement, mais c’est facile à dire, comment je fais pour ne plus y penser moi ! Je n’ai pas de bouton stop sur le front. Et ça se saurait s’il était possible de bluffer son propre cerveau.

Ça commence à m’agacer. En plus, depuis que j’ai arrêté la pilule, je souffre énormément pendant la période de mes règles. Les médecins disent dysménorrhée (encore un mot savant pour dire que tu douilles). D’ailleurs, demain, j’ai rendez-vous avec ma gynécologue. J’appréhende un peu.

Je garde le moral même ci le nom de la maladie qu’a évoqué le médecin ne m’a pas rassurée du tout : Endométriose*. Je ne savais même pas que cette maladie existait. Apparemment, c’est ce qui expliquerait mes grosses douleurs et si j’ai bien compris elles pourraient être encore plus intenses. SUPER !

Je ne comprends pas pourquoi je n’ai jamais entendu parler de cette maladie, pourquoi les femmes doivent faire face à de tels obstacles sans même y être préparées. J’ai l’impression de jouer à un jeu dont je ne connais absolument pas les règles et que les cartes que j’ai en mains sont inutiles. En plus, beaucoup de femmes souffrent de cette maladie et certaines d’entre elles ne peuvent pas avoir d’enfant à cause de ça… La gynécologue m’a dit de ne pas m’inquiéter pour l’instant et que je n’étais pas concernée… On verra bien.

Show must go on

Je suis triste, mais je ne baisse pas les bras, je suis forte et mon homme me soutient à fond. Même ci, il faut bien avouer que lui non plus ne sais pas trop ce qui se passe en ce moment.

On multiplie les essais, mais les jours passent, les semaines et puis les mois et mon ventre est toujours aussi plat ; non pas que ça me déplaise, mais je me surprends à apprécier mon petit bidon post fast-food ! Mais aucun bébé à l’horizon, pas de mini nous. Cette sensation n’est pas amusante du tout car je commence à être jalouse de celles qui postent sur les réseaux sociaux des photos de leur ventre de grossesse.

Pourquoi pas moi ? J’ai essayé d’en discuter avec Mélissa, mais je me sens seule face à cette mauvaise blague de l’univers. Je suis frustrée quand je lui en parle, car je ne sais pas ce qui est le pire entre perdre un bébé et ne jamais réussir à tomber enceinte. Ce n’est pas un concours et au final ni elle, ni moi n’avons de bébé à pouponner, mais la douleur ressentie n’est pas la même. Je me sens incapable, mon corps refuse de me donner ce que je désire le plus au monde.

Le temps passe vite. Maintenant ça fait un peu plus d’un an d’essais et toujours rien. Selon ma gynécologue, ce n’est pas une fatalité. Nous avons besoin d’un petit coup de pouce et il faut chercher ce qui pourrait m’empêcher de tomber enceinte.

Nous y voilà, malgré tous nos efforts et notre bonne volonté (et je vous assure, on y a vraiment mis du coeur à l’ouvrage) nous sommes à présent inscrits en PMA (Procréation Médicalement Assistée). Alors, je dis bonjour aux multiples examens, rendez-vous en tout genre et au revoir à mon intimité. Je vais porter un masque, afficher mon plus beau sourire devant amis, famille et collègues. C’est une très grosse épreuve qui nous attend, mais je sens que l’on va y arriver … On va tenir le coup. Je l’espère.

Parcours du combattant

Avoir des enfants ça change une vie, c’est une grande responsabilité et cela nécessite beaucoup d’apprentissage et pas mal de difficultés. Pour certaines femmes, les problèmes commencent avant qu’elles ne puissent devenir mère. Une sorte de petit bizutage. Tomber enceinte et avoir un bébé en bonne santé n’est pas donné à toutes les femmes. Ce que l’on croit être un cas exceptionnel, arrive en réalité énormément en France. Mais grâce aux progrès de la médecine, ce n’est pas un point final, il reste encore des possibilités.

En revanche, je trouve ça dommage que certaines pathologies restent encore méconnues de la plupart des femmes. C’est le cas de l’endométriose. De plus en plus en souffrent, mais pour autant, on n’y est pas vraiment sensibilisées, on ne connaît pas les symptômes, on pense que ce sont « juste » des règles douloureuse ce qui d’ailleurs engendre pas mal de mauvaises réactions ou des petites pépites :

Oh, ça va, arrêtes de te plaindre, moi aussi j’ai mal pendant mes règles

Prends des médicaments plus fort si tu es douillette

Être indisposée n’est pas une excuse valable pour ne pas venir travailler

Endométriose ? Comment tu l’a chopé ? Avec des rapports non protégés, j’imagine

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Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, mais non, l’endométriose ne s’attrape pas et non ce ne sont pas des petites douleurs et oui dans certains cas cette maladie rend stérile ! (je mets un lien en bas de l’article pour ceux qui veulent en savoir plus.)

L’essentiel à savoir, c’est qu’il faut non seulement arrêter de juger les autres, mais aussi arrêter de jauger leur niveau de douleur. Que ça soit concernant cette maladie ou même dans le cas de Noémie qui se demande si perdre un bébé et plus ou moins grave que de ne jamais arriver à tomber enceinte. Comme je l’ai dit précédemment, la douleur est personnelle, PERSONNE ne peut la comparer ou la quantifier.

La difficulté, c’est aussi d’accepter que nous ne soyons pas capables de tout maîtriser, de tout planifier. Beaucoup d’événements échappent à notre contrôle et il faut arriver à lâcher prise.

Il est important de s’entraider, de s’aimer, de se rapprocher pendant les moments difficiles. D’apprécier autant que possible nos ressemblances et nos différences.

Restez connectés pour connaître la suite. Et en attendant, sachez que vous n’êtes pas seuls !

Laissez le soleil entrer et chasser votre obscurité.

On se retrouve dans les commentaires et n’hésitez pas à partager si vous pensez que ça peut aider quelqu’un.

À très vite et prenez soin de vous.

Plus d’informations :

Endométriose* : https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/

Auteur

AnaSey
anasey.talks@gmail.com

Commentaires

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Yoyo
11 novembre 2020 à 8 h 00 min

Tu es une brave 👏🏾👏🏾❤️ Et ne t’arrêtes surtout pas 😘



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Siindyel
5 novembre 2020 à 16 h 50 min

C’est tellement bien écrit 😍



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odonnat
31 mai 2020 à 21 h 38 min

❤️ j’attend la suite de Melissa et Noémie ….



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Jenni
21 mai 2020 à 18 h 00 min

Tellement vraie tellement ça !!!



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Tiff
12 mai 2020 à 23 h 27 min

J’adore ! Tu as trouvé les mots ❤



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6 mai 2020 à 20 h 08 min

Après plusieurs tentative pour trouver le bon mot de passe….😭😭😭✨✨✨



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